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23 Nov

Cambodge, Haïti, les failles de la régulation

Publié par NRI

A Villepinte, l'année culturelle 2010-2011 est consacrée à l'Asie. C'est une raison particulière (pas la seule) de s'intéresser au Cambodge, et pas seulement au Cambodge d'ailleurs : nous avons eu la Fête de la lumière indienne le 6 novembre, une très belle fête, et vendredi j'accueille une délégation chinoise à l'hôpital Robert Ballanger : si vous voulez apprendre le chinois pour travailler avec ce pays c'est le moment !

 

Mais revenons au Cambodge. Les années culturelles ne sont pas seulement faites pour organiser des fêtes, pour l'aspect convivial de la rencontre, mais aussi pour s'intéresser aux difficultés des autres. La Cambodge martyrisé par les bombardements américains pendant la guerre du Vietnam (il faudra que je vous parle de l'Agent orange, nous organiserons bientôt une soirée à ce sujet), par les khmers rouge, par la guerre civile, puis forcé de privatiser ses terres par le FMI (un pays qui n'avait pas connu la propriété privée depuis l'Antiquité...). Ce matin, je lisais dans le journal que plus de 300 personnes sont mortes dans un mouvement de foule à Phnom Penh à l'occasion de la Fête de l'Eau.

solidarite

Voilà un drame qui donne à réfléchir, pour lui-même tout d'abord. car comme l'a dit le Premier ministre cambodgien Hun Sen, il s'agit de "la plus grande tragédie depuis le régime (des Khmers rouges) de Pol Pot", et on ne peut qu'éprouver une grande tristesse en y songeant.

 

Cet accident fait aussi réfléchir à un niveau plus philosophique. Les penseurs de droite et nos gouvernants citent souvent les mouvements de foules comme un exemple d'autorégulation et d'intelligence collective de l'humanité : des centaines de personnes sur un quai de gare parviennent à se déplacer, trouver d'elles mêmes des chemins, sans se marcher les unes sur les autres.

 

Sauf que lorsque la "machine se dérègle", quand la panique se crée, cela tourne à la catastrophe.

 

C'est bien la preuve qu'il faut toujours une instance de régulation extérieure pour que le monde fonctionne bien. Et cette instance, c'est l'Etat et la puissance publique au sens large (dont les collectivités locales font partie), que pourtant les libéraux s'acharnent à détruire depuis 20 ans.

 

Cette réflexion me renvoie à un autre drame : celui du choléra à Haïti. Après une aide massive aux victimes du tremblement de terre l'an dernier, dans ce pays où il n'y a pratiquement plus d'Etat, l'opinion internationale est passée à autre chose espérant que la situation se "régule" d'elle même dans ce pays. Encore hier les dépêches d'agences indiquaient que l'ONU ne disposait que de 10 % des fonds nécessaires à l'endiguement de l'épidémie.

 

A Haïti comme partout, il faut une volonté politique forte pour permettre aux sociétés de connaître un développement harmonieux. Le choix égoïste du "laisser-faire" affiché par les libéraux mène toujours au désastre.

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Blog personnel de Nelly Roland Iriberry, maire (divers gauche) de Villepinte (93)