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16 Mar

Débat sur l'avenir de l'éducation nationale

Publié par NRI  - Catégories :  #Education - sport - citoyenneté

Vous trouverez ci-dessous le discours que j'ai prononcé hier soir au meeting où vous êtes venus nombreux. Dimanche prochain, par notre vote, disons non à la politique d'abandon du système éducatif par la droite et oui à un autre projet de société replaçant l'éducation au centre de l'action publique !

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Mesdames, Messieurs, Chers amis,

 

Merci d’être venus nombreux à cette rencontre à quelques jours du premier tour, dimanche prochain, de l’élection cantonale.

 

Nous sommes réunis ce soir pour parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur et dont j’ai pu mesurer toutes les dimensions quotidiennement non seulement en tant qu’élue mais aussi en tant que mère de quatre enfants : l’éducation. C’est un sujet capital car il concerne notre jeunesse, et donc la société de demain qu’il nous faut construire dès aujourd’hui. C’est un sujet tout à fait essentiel dans un département qui est parmi les plus jeunes de France et à Villepinte, une ville qui est parmi les plus jeunes de Seine-Saint-Denis.

 

La jeunesse, la société de demain, M. Sarkozy et ses amis ont décidé de les sacrifier sur l’autel du libéralisme.

 

Cette année encore, le gouvernement de droite exige des recteurs la suppression de 16 000 postes d'enseignants au plan national à la rentrée 2011, pour atteindre le chiffre incroyable de 66 400 postes supprimés depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, soit 8 % des effectifs.

 

En Seine-Saint-Denis, à la rentrée 2011, 20 postes seront supprimés pour 2160 élèves supplémentaires dans le premier degré, 40 dans les collèges pour environ 600 élèves supplémentaires… Dans un département où le taux de réussite scolaire est de 10 % inférieur à la moyenne nationale, de telles décisions sont irresponsables.

 

Ainsi nos dirigeants répondent aux exigences d’austérité de l’Union européenne et des marchés financiers (après avoir donné tant d’argent à nos banques), et préparent la marchandisation de l’Education nationale et la privatisation du service public, avec comme conséquence une éducation, pour ne pas dire une société, à deux vitesse.

 

Notre département en fait déjà les frais, pas seulement en terme de création de postes, mais aussi en ce qui concerne les remplacements d’enseignants absents. Je suis d’ailleurs solidaire avec l’action « école morte » organisée le 31 mars par la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de Seine-Saint-Denis et le dépôt d’un recours pour discrimination territoriale devant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Il faut continuer à se battre.

 

Cette politique de déstabilisation de l’école publique va de pair avec une déconsidération croissante des enseignants, concrétisée notamment par la formation au rabais à laquelle ils ont désormais droit.

 

Face à ces attaques, la réponse du Conseil général sous la présidence de M. Bartolone n’est pas à la hauteur. Durant la période 2003-2006, il y a eu, au total, 191 M€ d'investissements dans les collèges et durant la période 2007-2010, 89 M€. Ce sont ainsi 102 M€ de moins qui ont été consacrés à la réussite des jeunes de Seine-Saint-Denis sous la présidence de Claude Bartolone, dans le seul domaine des équipements scolaires, ce qui a impliqué notamment de nous faire perdre deux ans sur la démolition-reconstruction du collège Jean-Jaurès.

 

Aujourd’hui M. Bartolone entérine des partenariats public-privé (PPP), contre l’avis même du Conseil Départemental de l’Education Nationale qui réunit des représentants des parents d’élève et des enseignants. Ces PPP sont inacceptables à plus d’un titre : d’une part, ils ouvrent la voie aux grandes entreprises du CAC 40 et, par là même, à une marchandisation et une privatisation du patrimoine et du service publics. D’autre part, ils coûteront très cher en termes de loyers versés aux grandes entreprises de construction : on parle déjà de 350 millions d’euros, soit la moitié du plan exceptionnel d’investissement, mais ce sera sans doute plus. Qui paiera ? Nous, par nos impôts. Déjà en 2010, pour faire face au désengagement de l’Etat, Claude Bartolone a renoncé à des mesures que j’avais contribuées à mettre en place : prise en charge de la carte Imagn’R pour les collégiens, les lycéens et les étudiants, aide à l’achat d’un ordinateur pour les élèves entrant en 6ème. On parle aujourd’hui de réduction drastique pour 2011-2012 des aides aux associations culturelles et sportives qui complètent pourtant si utilement le travail de l’éducation nationale.

 

Ce n’est pas aux Séquano-Dyonisiens de payer le désengagement de l’Etat ou alors, c'est capituler devant la logique libérale.  Je ne peux m’y résoudre.

 

Une autre politique est possible. A Villepinte, nous avons lancé un ambitieux Plan Pluriannuel d’Investissement pour rénover nos équipements scolaires, comme à Vert-Galant I notamment. Nous avons ouvert 12 classes en deux ans et nous envisageons pour 2012-2013 la création de 4 classes à Henri-Vallon et 4 sur le groupe scolaire du Vert-Galant.

 

Et nous poursuivons nos actions pour l’éveil et l’encouragement des élèves (400 élèves en classe de découvertes cette année, les remises de prix, le noël des enfants, les spectacles et les chèques-cadeaux aux bacheliers). Pour nous le service public de l’Education reste une priorité !

 

Au niveau départemental il faut :

- Exiger le financement, public, de nos équipements par l’Etat qui doit 690 millions d’euros à la Seine-Saint-Denis, et engager s’il le faut un véritable rapport de force avec Nicolas Sarkozy pour les obtenir
- Rétablir les avantages aux élèves supprimés par M. Bartolone et soutenir très activement les enseignants dans notre département comme je n’ai cessé de le faire
- Enfin, en finir avec les politiques autoritaires, réintroduire le débat, la co-décision avec toute la communauté éducative et réunir tous les acteurs de l’Education (enseignants, parents d’élèves, collectivités) dans des Etats généraux de l’école pour définir ensemble un projet nouveau pour nos enfants et nos jeunes.

 

Voilà l’option que votre vote dimanche prochain permettra de défendre.  Et c’est dans cet esprit de mobilisation collective au service de nos enfants, de nos jeunes, dans le dialogue et l’ouverture aux attentes de chacun que j’ai tenu à organiser la réunion de ce soir, en vous remerciant à nouveau d’être venus.

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Blog personnel de Nelly Roland Iriberry, maire (divers gauche) de Villepinte (93)