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24 Jun

Journée du souvenir des victimes civiles

Publié par NRI  - Catégories :  #Grandes orientations pour Villepinte

Le 19 juin je présidais la cérémonie d'hommage aux victimes civiles de Villepinte pendant la seconde guerre mondiale. Voici mon discours à cette occasion qui manifeste mon attachement à la mémoire de notre ville et au souvenir de la Résistance, pour préparer un avenir meilleur pour tous.

 

Villepinte_-_Hotel-de-Ville_01.jpg

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Nous commémorons aujourd’hui un jour important pour Villepinte : ce jour du 13 juin 1940 où, pendant 24 heures, le 24e Bataillon de Chasseurs Alpins offrit une résistance acharnée, au niveau du Canal de l’Ourcq, devant le pont de l’avenue du Chemin de fer, face à l’avancée des troupes nazies. Le commandement en chef de la 18e Armée allemande fut surpris. Pour lui la bataille de France était gagnée et il ne pensait pas avoir affaire à nouveau au courage des soldats français.

Bien sûr le rapport de forces était tel que le feu ne pouvait pas durer bien longtemps. Les hostilités ont cessé rapidement. Toutefois cette résistance eût un coût élevé pour les civils auxquels les militaires allemands n’ont pas hésité à faire « payer » le prix de l’affront que leur avaient infligé les soldats français.
 
Dans la nuit du 13 juin, les soldats allemands arrêtent de nombreux civils. Arrachés à leurs domiciles en pleine nuit, certains sont extraits de chez eux encore en pyjama.

 

Rassemblés sur la place de la gare du Vert Galant, ils sont triés par un Officier supérieur qui en choisit 15 pour le peloton d’exécution.

 

Ainsi, le 14 juin 1940, le jour même où les troupes allemandes rentraient dans Paris, dix otages étaient assassinés sur la berge nord du Canal à l’est du pont de l’avenue du Chemin de Fer. Les cinq autres en face de la gare. Une dizaine furent déportés en Allemagne.

 

Ainsi les 13 et 14 juin 1940 sont des dates qui ont marqué la mémoire de Villepinte. Elles associent le souvenir de la résistance, et celui de la répression.

 

A mesure que les années avancent, la mémoire de la résistance française pendant la seconde guerre mondiale tend à s’estomper, malgré l’effort méritoire d’anciens résistants comme Stéphane Hessel.

 

On sait par exemple toutes les difficultés que rencontrent en ce moment ceux qui veulent faire connaître les massacres de Maillé en Indre-et-Loire en 1944 (beaucoup moins connus que ceux d’Oradour-sur-Glane) et faire poursuivre leurs auteurs.

Il est pourtant très important que les jeunes générations gardent à l’esprit les souffrances endurées par la population pendant la seconde guerre mondiale et le courage dont a fait preuve notre Résistance nationale.

 

Il s’agit là pour nous tous d’une leçon d’honneur et de dignité face à l’adversité. Un refus du fatalisme, et de la loi du plus fort.

Pour ma part je ne fais pas de différence entre les soldats français qui ont défendu leur pays, les civils qui ont subi les exécutions arbitraires, et « l’armée de l’ombre » qui a rêvé de la Libération pour construire un monde meilleur. Nous avons le même devoir à l’égard de chacun d’entre eux : celui de donner du sens aux sacrifices auxquels ils ont consenti, celui de construire un monde de paix, de fraternité et de solidarité qui tienne définitivement à distance toute forme de barbarie et qui place l’humanité au centre de ses valeurs.

 

Ainsi le devoir de mémoire à l’égard des victimes de Villepinte est-il indissociablement lié au devoir éthique et politique pour l’avenir de construire une société digne de ce que ces victimes auraient pu souhaiter, pour leurs enfants et leurs petits enfants. Comme le dit l’écrivain Régis Debray « le souci de transmettre, le plus sûr des remèdes à notre finitude. » Il est aussi ce qui noue le lien d’une histoire qui se perpétue à travers les siècles. L’histoire des victimes de Villepinte est la nôtre, et la nôtre devient la leur pour autant que nous savons mettre en perspective, dans le même prolongement, les dettes du souvenir et l’éthique de l’action, nos valeurs et les leurs, leurs attentes et nos réalisations. C’est une chaîne humaine que nous devons savoir sans cesse reconstituer à travers le temps, pour, par delà la mort, en faire et refaire une histoire commune à laquelle notre quotidien doit donner sens.

 

Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

 

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Blog personnel de Nelly Roland Iriberry, maire (divers gauche) de Villepinte (93)