Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 Jun

La culture est le poumon de la société

Publié par NRI

Le 3 juin, j’ai reçu le président du Conseil général et des acteurs du secteur culturel à l’occasion d’un débat sur les conséquences de la marchandisation et du désengagement de l’Etat sur l’avenir de la culture dans notre département. Voici ce que j'ai déclaré à cette occasion.

 P1020402

La culture est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Elle est aussi centrale dans l’identité de la mouvance politique dont je suis issue, la gauche de la gauche. Souvenons-nous que c’est de cette mouvance que sont issues les MJC, et tout le mouvement d’éducation populaire, à une époque où certains voulaient réserver l’accès à la culture à une présupposée élite. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la culture et l’éducation ont été historiquement très importants dans la politique du conseil général de la Seine-Saint-Denis.

 

La culture est le poumon de la société. Elle est ce qui permet de s’évader, mais aussi de s’élever, et d’acquérir une vision qui permet de dialoguer, sur un mode constructif, avec l’autre, dans le respect de ses différences, d’échanger des savoirs et des imaginaires, pour toujours plus aller de l’avant.

 

Si la culture est essentielle, elle est aujourd'hui menacée par le néolibéralisme, tout comme sont menacés tant d’autres secteurs d’activités.

 

Le 19 décembre 2009, plus de 200 acteurs culturels du département se sont réunis pour lancer le mouvement de mobilisation « La Culture en danger ». Cette réunion, à laquelle participaient nombre d’élus départementaux, marquait le début d’une mobilisation en Seine-Saint-Denis et sur l’ensemble du territoire contre les réformes du gouvernement qui mettent en danger l’existence des politiques culturelles et reviennent sur 50 ans de décentralisation culturelle en France.

 

Il faut ici rappeler quelques faits. Les collectivités représentent 70 % des subventions octroyées au secteur culturel dans ce pays.

 

Aujourd’hui, le poids des transferts de charges non compensés, la réforme fiscale puis la réforme des collectivités territoriales, vont rendre impossibles la poursuite de nos politiques culturelles, aussi bien au niveau du conseil général qu’au niveau des communes. Et la suppression de la clause de compétence générale des départements peut même rendre illégale leur soutien à la création culturelle et à l’enseignement.

 

Or, qui dit désengagement des collectivités locales dit aussi désengagement des autres partenaires dans un contexte où les financements croisés sont la règle.

 

A l’étranglement des collectivités locales s’ajoute aussi la régression des politiques publiques au niveau de l’Etat : réforme du statut des intermittents du spectacle, diminution du budget du ministère de la culture…

 

Ce n’est pas un hasard si l’appel « La culture en danger » a été lancé dans le département le plus pauvre et le plus jeune de France, là où la culture est plus porteuse d’avenir et d’émancipation que partout ailleurs.

 

En Seine-Saint-Denis, les effets de la menace du désengagement des collectivités publiques sont particulièrement visibles. Des actions patiemment construites comme le Salon du Livre, Zebrock au bahut, Banlieues Bleues ou encore la survie de nos théâtres et scènes conventionnées sont aujourd’hui en péril.

 

C'est pour marquer sa désapprobation avec ce désengagement de l’Etat que, sous l’impulsion du groupe communiste et citoyen auquel j’appartiens, l’Assemblée départementale a voté un budget en déséquilibre et que le président du Conseil général s’est résolu à rétablir la subvention au Salon du Livre alors qu’une baisse de 80% était initialement prévue. Je regrette que le centre de ressources Livres au trésor n’ait pas bénéficié d’un même soutien, de même que l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis qui voit ses subventions réduites de 20%.

 

Même si j’aurais souhaité que la majorité du Conseil général adopte une position plus offensive en matière de politique culturelle, je sais aussi reconnaître les causes les plus profondes de la crise actuelle du secteur. Face aux pressions néo-libérales, dont Nicolas Sarkozy se fait le thuriféraire, la politique de marchandisation de la culture impulsée par la droite poursuit sa lancée, accompagnée en ce sens par les accords de l’Organisation mondiale du commerce et les directives européennes. Cette conception de la culture comme une marchandise la laisse entre les mains des grandes multinationales qui l’instrumentalisent pour conditionner les cerveaux à la consommation, tandis que les grands médias se font les vecteurs de ce totalitarisme.

 

Le soutien départemental et municipal à la culture sont des moyens, modestes certes mais réels, de résister à cette forme de barbarie planétaire. C’est pourquoi il faut poursuivre la  mobilisation au service d’une culture de qualité et de vie, en phase avec la diversité des héritages et des aspirations de chacun, à la fois en prise avec le quotidien et ouverte sur des horizons qui démultiplient leurs possibilités d’action individuelle et collective.

 

 

Archives

À propos

Blog personnel de Nelly Roland Iriberry, maire (divers gauche) de Villepinte (93)