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10 Mar

Mon allocution au forum-débat sur l'emploi la semaine dernière

Publié par NRI  - Catégories :  #Emploi - vitalité économique

Ci-joint mon allocution au forum-débat sur l'emploi en Seine-Saint-Denis le 3 mars dernier. Je poste sur ce blog mon propos introductif, ainsi que ma conclusion après les intervention des invités. Au cours de cette soirée très riche nous avons pu avancer vraiment dans l'analyse des problèmes en tordant le cou à beaucoup de contre-vérités que vous trouverez dans les grands médias, et exposer des propositions que je crois plus adaptées aux besoins de notre département que la ligne suivie par le conseil général en ce moment.

pole emploi

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Propos introductif

 

Mesdames, messieurs, chers amis,

 

Merci d’être venus nombreux ce soir à cette réunion publique sur le thème de l’emploi.

 

Notre département, plus qu’un autre, est celui des contradictions. D’un côté, bien que souvent stigmatisée, la Seine-Saint-Denis est un département riche et très actif. On ne le sait pas assez mais le 93 est le 7ème département en France pour la richesse produite avec des pôles d’emploi dynamiques comme la plate-forme aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle, le Parc des Expositions, Paris Nord 2 ou la Plaine-Saint-Denis. Ce sont en outre des emplois très productifs puisque nous sommes 4èmes au niveau national pour la richesse produite par nombre de postes de travail.

 

Pourtant, dans le même temps, cette richesse économique ne profite que trop peu à celles et ceux qui vivent dans ce département. Les raisons sont multiples mais elles ne sont pas pour autant acceptables : discriminations, implantation d’entreprises avec leurs salariés, déficit de formation et qualification…

 

Ainsi, le chômage ne cesse d’augmenter depuis 3 ans en Seine-Saint-Denis. Il est passé de 9,3 % en 2008 à 11,3 % aujourd’hui, et il atteint même près de 40% pour les jeunes dans certains quartiers. Chiffres déjà suffisamment inquiétants mais qui ne prennent pourtant pas en considération la précarisation croissante du monde du travail ou encore le nombre de bénéficiaires du RSA.

 

Certes, on nous répondra que c'est la crise. Sauf que cette crise, causée par les spéculateurs et les banques, ce sont les salariés qui la payent, et qui la payent le prix fort.

 

Cette crise n’est que la conséquence logique d’un système économique qui marche sur la tête, d’une financiarisation à outrance, où la seule règle est l’argent pour l’argent et où l’humain n’est qu’une variable d’ajustement.

La politique de Nicolas Sarkozy n’en atténue pas les effets, bien au contraire.

 

C’est l’engagement dans une Europe des marchés et non des peuples, pourtant rejetée par une majorité de Français, qui défend l’euro fort, refuse le protectionnisme et l’aide aux industries pour leur préférer les délocalisations.

 

Ce sont des milliards d’euros de cadeaux fiscaux et sociaux aux entreprises qui n’ont pour seul effet que de creuser le déficit de la France et de justifier des politiques de régression sociale, comme celle du recul de l’âge de la retraite.

 

Ce gouvernement a clairement fait un choix : celui du capital au détriment du travail. Et permettez-moi de douter, à dire le moins, de cette alternative que représenterait Dominique Strauss-Kahn, Directeur du FMI, une organisation internationale qui n’a pour seul but que d’inciter les Etats à appliquer les dogmes libéraux.

 

L’Etat français n’a pas attendu les injonctions du FMI pour réduire la voilure et abandonné progressivement ses prérogatives de puissance publique.

 

C’est le cas à travers son désengagement du Pôle emploi : il a diminué en 2009 sa contribution de 187 millions d’euros et les moyens de cette structure n’ont cessé de décliner de sorte que les agents gèrent 150 à 200 dossiers de demandeurs d’emploi chacun contre 60 initialement prévus. Comment, dans de telles conditions, assurer et préserver la qualité du service public rendu ? A la Poste aussi, les agents sont confrontés aux mêmes difficultés et autant dire que la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, va généraliser ce mal être.

 

En cette période de crise, le Conseil général de Seine Saint-Denis doit plus que jamais être aux côtés des salariés, de celles et ceux qui luttent et, en conclusion du débat de ce soir, je vous présenterai les propositions que je porte au Conseil général en matière d’emploi.

 

Mais avant cela, je tiens à laisser la parole aux responsables et militants syndicaux qui me font le plaisir d’être présents ce soir parmi nous pour qu’ils nous exposent leur ressenti, leur vécu dans le monde de l’entreprise des affres de la politique gouvernementale actuelle et qu’ensemble nous continuions à poser les jalons pour un autre système économique qui replace l’humain au centre.

 

 
Conclusion

 

Je crois que les témoignages de ce soir étaient suffisamment édifiants et que les luttes et les mobilisations sont plus que jamais d’actualité. Et, je le redis, en cette période de crise, le Conseil général de Seine Saint-Denis doit plus que jamais être aux côtés des salariés, de celles et ceux qui luttent.

 

C’est ce qui a été fait pendant les quatre premières années de mon mandat de conseillère générale, sous l’impulsion du groupe auquel j’appartenais et la présidence d’Hervé Bramy, une combativité qui, je le regrette, n’est que de façade sous la présidence de Claude Bartolone.

 

Par exemple, jusqu’en 2008, le Département achetait des terrains pour soutenir les projets locaux. En 10 ans, 25.000 emplois se sont installés sur ces terrains.

 

Lancées par Hervé Bramy et Jean Charles Nègre, les chartes pour l'emploi qui mobilisaient des grandes entreprises autour de passerelles pour l'emploi ont permis l'embauche de plusieurs milliers de jeunes et de chômeurs en 3 ans.

 

Il y avait aussi des forums de l’emploi pour mettre en rapport directement les jeunes avec les entreprises, comme j’en organise moi-même à Villepinte.

 

L’effort a été relâché par l’actuel Président du Conseil général qui s’était pourtant engagé à signer 100 chartes pour l'emploi.

 

Pour ma part, je souhaite que le Département continue d’exister, comme un rempart contre la politique de régression sociale de Nicolas Sarkozy et garde un rôle actif dans la création d’emploi et l’aide à la recherche d’emplois, notamment pour les jeunes.

 

Pour cela, il est nécessaire :

1) – De rétablir les assises pour l’emploi, pour une mobilisation et un dialogue permanent entre les entreprises, les organisations syndicales et les élus

2) De relancer les chartes pour l’emploi et l’insertion

2) De favoriser également l’emploi des salariés locaux en luttant contre les discriminations et en développant la formation.

 

J’entends pour cela agir auprès de la Région Ile-de-France et de l'Etat pour que soit mis en oeuvre un plan de développement de la qualification pour la Seine-Saint-Denis.

 

Il s’agit de permettre l'accès aux formations porteuses, et l'accompagnement social et professionnel. Tout cela devant être pensé bien entendu en parallèle avec une politique de service public  sans concession : celui de l’Education nationale, celui du Pôle emploi, celui de l’accompagnement social des publics en difficultés, en faisant en sorte de préserver une symbiose entre toutes ces dimensions du service public et les attentes des entreprises.

 

C’est ce cercle vertueux entre des services publics à la fois efficaces et forts et des entreprises ouvertes au dialogue qu’il faut amorcer, en lieu et place de la politique de casse sociale que nous impose la droite en ce moment. Avec vous, je m’y engage.

 

Je vous remercie.

 

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Blog personnel de Nelly Roland Iriberry, maire (divers gauche) de Villepinte (93)